- IN ITALIA
- IN EUROPA
Tourisme : les nouvelles attentes des voyageurs
Di Anne Eveillard - Versione integrale dell'articolo su LTI - Les Tendances Internationales 8 (05 2008)

En 2008, on n’imagine plus le tour du monde comme au temps de Phileas Fogg. On voyage plus souvent, plus loin et moins longtemps. Hôteliers et restaurateurs sont à l’écoute, prêts à adapter leurs offres à ces nouveaux nomades en quête de sensations, tout en privilégiant confort et qualité
Familles recomposées, 35 heures, stress et train-train quotidien trop pesant : telles sont les nouveaux paramètres qui entrent désormais dans l’équation du “ voyage idéal ” à proposer aux touristes d’aujourd’hui. Fini, le père de famille qui remplit le coffre de sa voiture et emmène sa femme et ses deux enfants au bord de la mer, un mois par an ! Cette image d’Epinal est révolue. En 2008, on cherche autre chose : de l’insolite, de l’imprévu, de l’incroyable. Contrairement à Phileas Fogg, le héros de Jules Verne, le globe-trotter du xxie siècle prend l’avion et le TGV comme on grimpe dans le RER pour aller travailler chaque matin ; il veut un lit aussi confortable que le sien, un écran plasma comme à la maison et des draps de bain aussi douillets que ceux dénichés lors d’une vente en ligne de produits de luxe dégriffés... Bref, plus question de l’appâter avec de l’esbroufe et du clinquant. Il connaît la qualité, surfe sur le Net plusieurs fois par jour et sait que ce qu’il ne trouve pas forcément dans tel hôtel ou tel restaurant, il va pouvoir le dénicher en quelques clics ailleurs... La concurrence est rude, donc, entre les établissements d’un même arrondissement, d’une même ville, voire d’un même département. “ Aux beaux jours, je vais mettre en place des massages en extérieur, car aucun spa de la Côte d’Azur ne le propose encore ”, confie un hôtelier des Alpes-Maritimes, sans cesse à l’affût des initiatives de ses confrères et néanmoins concurrents.
Le touriste doit pouvoir se dire : “ C’est mon voyage ”
“ Le voyageur d’aujourd’hui dispose de toute l’information nécessaire pour faire le bon choix de son voyage, de sa destination ou de son hôtel, a expliqué René-Marc Chikli, président du Centre d’étude des tour-opérateurs (CETO), lors du salon MAP (le Monde à Paris), en mars. Et ça marche, a-t-il poursuivi : la profession de tour-opérateur monte en puissance dans les marges et la technologie. Car nous avons quelque chose à proposer en adéquation avec l’imaginaire de nos clients : le touriste doit pouvoir se dire : “ C’est mon voyage ”. Une réelle valeur ajoutée pour le client qui, à terme, génère forcément de la valeur ajoutée pour le tour-opérateur. ”
Avis partagé par Françoise Riera-Dabo, fondatrice de FRD Conseil et spécialiste des tendances sociétales. Cerner l’imaginaire du client : c’est l’objectif recherché. Dans une étude sur les nouvelles attentes des voyageurs présentée dans le cadre du MAP, elle dissèque le profil du voyageur confronté tant aux offres alléchantes du Net qu’aux campagnes de publicité, pour s’évader à petit prix, qui s’affichent dans le métro ou sur les murs des grandes villes. “ Qu’attend-on réellement lorsqu’on achète un voyage ? ”, s’interroge Françoise Riera-Dabo. Sa réponse : “ Le voyage est un bien de consommation comme les autres. Il porte en lui un message, de même que le 4x4 représente l’aventure, et la bouteille d’Evian, le rêve de la jeunesse éternelle. ” Pour la spécialiste des tendances sociétales, l’expérience touristique est toujours liée à une quête d’épanouissement de soi : “ Au-delà des places d’avion (de préférence à l’heure), de circuits (impeccablement organisés) ou de séjours (de préférence tout compris), ce que les individus achètent à travers une expérience touristique, c’est l’occasion de rompre avec leurs modes de vie habituels et les contraintes du quotidien. ” Comprenez que le temps des vacances, même si on le passe au bord d’une piscine, n’est jamais un temps pour récupérer, mais bien un temps oú l’on souhaite vivre autre chose.
